PERSPECTIVES DU MARCHÉ DE LA CONSTRUCTION
Croissance soutenue à mesure que la confiance se rétablit
À l’avenir, l’activité de la construction devrait progresser en 2026, mais les gains devraient demeurer limités et relativement modestes. L’investissement public mènera la reprise, les dépenses gouvernementales déjà engagées venant soutenir un appétit d’investissement encore contraint. L’activité du secteur privé devrait accuser un certain retard au départ, mais devrait graduellement reprendre de l’élan à mesure que les baisses de taux d’intérêt se répercuteront et que la confiance se rétablira.
Source: Statistique Canada, diverses institutions de prévision et Turner & Townsend
Les volumes d’activité devraient s’accélérer en 2027, à mesure que les conditions de marché s’améliorent et que des dépenses publiques soutenues favorisent l’investissement du secteur privé. Par la suite, la croissance devrait demeurer relativement stable, bien que les coûts de construction puissent freiner l’appétit pour le développement, les volumes de travaux plus élevés exacerbant les pénuries de main‑d’œuvre et accentuant les pressions sur les chaînes d’approvisionnement.
La construction résidentielle devrait demeurer contrastée en 2026, les coûts élevés, la faiblesse des préventes et les contraintes de financement freinant l’élan à court terme. L’activité devrait toutefois être mieux positionnée pour une performance plus robuste d’ici 2027, à mesure que les pressions structurelles et les initiatives publiques en matière de logement contribuent à rétablir la confiance des promoteurs.
La construction de maisons unifamiliales devrait demeurer atone en 2026 malgré l’introduction de nouveaux crédits d’impôt en matière de logement, les prix élevés des terrains limitant la viabilité des projets. Parallèlement, la construction de logements collectifs demeure résiliente, portée par les politiques gouvernementales de densification et par un recentrage vers des formats abordables et à mise en œuvre rapide. Les projets locatifs (build‑to‑rent), plutôt que destinés à la vente, seront mieux positionnés pour soutenir la croissance.
Les segments institutionnels devraient connaître une croissance solide jusqu’en 2026, soutenue par des programmes d’investissement qui priorisent la santé et l’éducation, ainsi que par des processus d’approbation simplifiés et une demande à long terme. Les hausses des dépenses consacrées aux projets et programmes de défense devraient également constituer un pilier important. Toutefois, les objectifs de réduction des déficits dans plusieurs provinces pourraient freiner le rythme des approbations de projets à mesure que 2026 progresse.
Le secteur industriel devrait connaître une nouvelle année marquée par la prudence en 2026, l’excédent d’offre et l’incertitude liée aux tarifs pesant sur les décisions d’investissement. Une reprise graduelle est attendue à partir de 2027, à mesure que la demande pour les infrastructures numériques et la fabrication nationale se renforce.
Les efforts croissants de modernisation des milieux de travail visant à favoriser le retour en présentiel laissent entrevoir un contexte plus favorable pour l’activité commerciale jusqu’en 2026, bien que les volumes de travaux soient davantage orientés vers des aménagements intérieurs (fit‑out) plutôt que vers de nouveaux développements. Le redressement de la confiance et la reprise des dépenses de consommation devraient également soutenir une amélioration du secteur du commerce de détail à plus long terme.
La construction liée aux travaux de réparation devrait demeurer stable en 2026, les ménages et les propriétaires d’actifs continuant de privilégier les travaux d’entretien essentiels et de moindre envergure. Toutefois, la hausse des coûts a entraîné la suspension de plusieurs programmes d’entretien, ce qui pèse sur la performance du secteur. Cela dit, les travaux de réparation réguliers des infrastructures publiques, telles que les routes et les services publics, devraient offrir un soutien minimal à la croissance à court terme.
Enfin, les volumes d’activité en génie civil devraient s’accroître d’ici 2026, soutenus par l’allocation de 115 G$ CA sur les cinq prochaines années aux programmes nationaux d’infrastructures. Ces engagements pluriannuels devraient ancrer une croissance stable, bien que les pénuries de main‑d’œuvre et la volatilité des chaînes d’approvisionnement puissent avoir une incidence sur les budgets et les échéanciers.
Figure 6:
Indicateur de température du marché, par secteur, 2026
*Le positionnement n’implique pas une croissance positive ou négative, mais reflète plutôt les perspectives générales de chaque marché pour 2026.