APERÇU DU MARCHÉ DE LA CONSTRUCTION
Activité résiliente dans un contexte de risques en évolution
Le secteur canadien de la construction a terminé l’année 2025 dans un climat mêlant prudence et optimisme, son PIB ayant progressé de 2,3 % sur un an, témoignant d’une certaine résilience face à l’incertitude liée aux tarifs. La croissance a également été généralisée, les segments de la réparation, de la construction non résidentielle, résidentielle et du génie civil ayant enregistré des hausses respectives de 0,7 %, 1,7 %, 2,2 % et 3,7 %.
Source: Statistique Canada
Les données sur l’investissement dans la construction de bâtiments (ICB) ont évolué dans le même sens que le PIB, enregistrant une hausse de 4,9 % en 2025. Alors que le PIB de la construction mesure la valeur ajoutée du secteur (travail et capital) à l’économie, les statistiques sur l’ICB reflètent les dépenses totales du secteur, offrant ainsi une vision plus globale de la performance de la construction. Une autre différence clé réside dans le fait que les données sur l’ICB incluent l’immobilier et excluent les travaux de génie civil et de réparation. Ainsi, bien que les deux indicateurs aient évolué dans la même direction à un niveau global, ils mesurent des réalités différentes et, contrairement au PIB de la construction, la croissance sous‑jacente de l’ICB a varié selon les marchés et les types d’actifs.
Source: Statistique Canada
La construction résidentielle a été le principal moteur de la croissance de l’activité en 2025, l’investissement dans la construction résidentielle (ICB) ayant augmenté de 7,6 % sur l’année. Cette performance a été largement portée par les logements collectifs, dont l’investissement a progressé de 12,9 % en glissement annuel, tandis que la croissance des logements individuels est demeurée beaucoup plus modérée, à 1,6 %, en raison des contraintes foncières et des coûts de développement élevés qui ont réduit la viabilité des projets.
L’investissement industriel a reculé de 7,3 %, contribuant largement au repli de 0,9 % de l’investissement dans la construction non résidentielle (ICB) en 2025. Cette contraction reflète un ralentissement après une période de surconstruction marquée en 2023‑2024, auquel s’ajoute l’impact des tensions commerciales persistantes entre le Canada et les États‑Unis, alimentant la prudence des investisseurs.
La construction commerciale a également reculé de 2,0 % en 2025, pénalisée par la généralisation des modèles de travail hybrides et par des conditions de financement plus restrictives. Toutefois, les indicateurs nationaux du marché des bureaux se sont améliorés en fin d’année, les taux d’inoccupation ayant commencé à diminuer, soutenus par une demande accrue pour des espaces de meilleure qualité et par les politiques de retour au bureau.
La construction institutionnelle et gouvernementale est demeurée un point fort en 2025, l’investissement ayant progressé de 5,7 %, marquant ainsi une sixième année consécutive de croissance. Malgré un ralentissement de la croissance démographique attribuable à l’ajustement des cibles fédérales en matière d’immigration, les dépenses soutenues en éducation et en soins de santé ont continué de stimuler l’activité institutionnelle.