Analyse des coûts des intrants de construction
Les pressions sur les coûts s’intensifient dans un contexte de perturbations énergétiques et commerciales
Les coûts des intrants de construction ont augmenté de 2,1 % par rapport au trimestre précédent et de 3,4 % sur un an au deuxième trimestre de 2026. Il s’agit de la plus forte hausse trimestrielle depuis le premier trimestre de 2022 et d’une accélération marquée par rapport à l’environnement de coûts relativement stable observé au cours de l’année précédente.
Toutes les principales composantes des coûts de construction ont enregistré des hausses, notamment les matériaux ainsi que les machines et équipements. Cette augmentation s’explique en grande partie par la flambée des prix du pétrole et de l’énergie en mars, à la suite de l’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz.
Source: Statistique Canada
Les coûts des matériaux ont subi l’essentiel des récentes perturbations du marché, augmentant de 2,6 % par rapport au trimestre précédent et de près de 4,0 % sur un an au deuxième trimestre de 2026. Les composantes mécaniques et électriques ont progressé de 6,1 % sur le trimestre, principalement en raison de la hausse des coûts du cuivre, alors que les conditions d’approvisionnement mondiales se sont resserrées. Les phénomènes météorologiques extrêmes dans certaines régions productrices clés et l’intensification de la concurrence internationale pour ce métal ont également accentué les pressions à la hausse sur les prix.
Les matériaux liés au pavage en asphalte, aux toitures et aux produits bitumineux sont également soumis à des pressions importantes, puisqu’ils sont directement dérivés du pétrole et du bitume. Certains produits en fer et en acier demeurent par ailleurs exposés à l’incertitude entourant le commerce international, les prix des tuyaux et tubes en acier ayant augmenté de 4,5 % par rapport au trimestre précédent.
Parallèlement, les coûts des machines et de l’équipement ont augmenté de 1,9 % sur le trimestre et de 3,5 % sur un an, principalement en raison de la hausse des coûts de l’énergie. Parmi les principales augmentations observées figurent les équipements de transmission d’énergie, en hausse de 5,3 % sur un an au deuxième trimestre, ainsi que les pompes et compresseurs, dont les prix ont progressé de 6,0 % sur la même période.
Les coûts de la main-d’œuvre ont également augmenté au deuxième trimestre de 2026, les gains hebdomadaires moyens ayant progressé de 1,5 % par rapport au trimestre précédent. De même, l’indice des salaires syndiqués a signalé un renforcement des pressions sur les coûts de main-d’œuvre, les négociations menées entre mars et mai 2026 ayant entraîné une hausse de 2,5 % par rapport aux taux de salaire en vigueur un an plus tôt.
La disponibilité de la main-d’œuvre demeure un défi dans certains métiers spécialisés, notamment dans les domaines de l’électricité et de la mécanique, tandis que les experts de l’industrie continuent de souligner les lacunes du bassin de formation. Combinées à l’augmentation des postes vacants dans certains métiers et à la faible croissance de la productivité, ces dynamiques laissent présager une concurrence accrue pour attirer et retenir les travailleurs qualifiés.
Source: WB, Freightos, FED, EPU, Statistique Canada. Note: GSCPI sur l’axe Y secondaire
Bien que les indicateurs mondiaux liés aux chaînes d’approvisionnement et aux risques se soient modérés par rapport aux niveaux extrêmes observés plus tôt en 2026, les pressions sur les coûts et l’incertitude demeurent élevées. Les coûts du transport maritime international (Freightos), les prix du pétrole brut Brent et les indices d’incertitude liés aux politiques publiques restent tous nettement supérieurs aux niveaux enregistrés un an auparavant, reflétant un environnement mondial qui continue d’exercer des pressions sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts industriels.
Les projets de construction demeurent exposés à une variété de matériaux et d’équipements importés, notamment l’acier, l’aluminium, les produits électriques et les machines. Toutefois, l’ampleur des répercussions sur les coûts varie considérablement selon le type de projet, la stratégie d’approvisionnement adoptée et la composition de la chaîne d’approvisionnement.
À plus long terme, le conflit prolongé au Moyen-Orient ainsi que le regain de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis devraient continuer de maintenir un climat d’incertitude dans les marchés de l’approvisionnement et de représenter des risques haussiers persistants pour les coûts des intrants de construction jusqu’à la fin de 2026.