APERÇU DU MARCHÉ DE LA CONSTRUCTION
Les projets publics prennent le relais
Le secteur canadien de la construction s’est affaibli au premier trimestre de 2026, le PIB de l’industrie ayant reculé de 1,3 % par rapport au trimestre précédent, soit une deuxième baisse consécutive. Cette contraction a été principalement attribuable à une diminution de 4,2 % du secteur de la construction d’ouvrages de génie, reflétant un recul des investissements dans les infrastructures de génie civil et les projets à forte intensité de capital. Cette tendance s’inscrit dans un ralentissement plus général de l’investissement des entreprises, qui poursuit sa trajectoire à la baisse dans un contexte marqué par les tensions commerciales et l’affaiblissement de la confiance du secteur privé.
La construction résidentielle a également légèrement reculé (-0,3 %), enregistrant ainsi un troisième trimestre consécutif de baisse. De son côté, l’activité de réparation est demeurée stable (0,0 %), tandis que le secteur non résidentiel a affiché une croissance modeste (+1,5 %), mettant en évidence un profil de plus en plus contrasté au sein de l’industrie.
Source: Statistique Canada
D’importantes révisions apportées aux données d’avril 2026 sur l’Investissement en construction de bâtiments (ICB) ont entraîné une hausse globale de l’investissement de 1,9 % au premier trimestre de 2026, comparativement à la baisse de 1,5 % enregistrée en mars 2026. Bien que les données fassent habituellement l’objet de légères révisions au fil du temps, un changement d’une telle ampleur demeure peu courant. Par conséquent, l’interprétation des chiffres précis est moins fiable qu’à l’habitude, même si les grandes tendances qui se dégagent des données demeurent pertinentes.
Les investissements publics et les dépenses stimulées par les politiques gouvernementales soutiennent de plus en plus l’activité de construction, particulièrement à mesure que les gouvernements font progresser leurs priorités en matière d’éducation, de santé et d’autres infrastructures afin de favoriser la stabilité économique. À l’inverse, les segments résidentiels demeurent davantage exposés aux conditions de financement privé, aux pressions sur les coûts et à la confiance des investisseurs.
À l’avenir, cet écart entre la construction résidentielle et non résidentielle devrait persister, surtout à court terme. Les projets soutenus par les pouvoirs publics continueront d’offrir un niveau de soutien à l’activité globale, tandis qu’une reprise significative de la construction résidentielle dépendra vraisemblablement d’une stabilisation plus large de l’environnement macroéconomique.